Première manifestation nationale exclusivement dédiée à la lecture pour la jeunesse, organisée par le Centre national du livre (CNL) sous l’impulsion du ministère de la Culture, Partir en Livre a été créée en 2015 dans le but de sortir le livre de ses lieux habituels (comme les étagères, les cartables, les poches…) pendant l’été, en suivant quatre objectifs précis : transmettre le plaisir de lire, créer de nouveaux lecteurs, soutenir les acteurs du monde du livre, et montrer que le livre peut être une joie partagée.
Quand la lecture perd de plus en plus de terrain chez les jeunes, comment agir pour leur redonner le goût de lire ? Comment les convaincre que la lecture n’est pas une contrainte mais libère de tout alors que beaucoup d’autres choses – pourtant bien agréables – nous enferment ? Que serions-nous prêts à faire pour que nos enfants lisent, même (surtout !) après 18 ans ? Puisque nous appartenons à la catégorie des lecteurs, qu’est-ce qui nous a pris (à quel âge ?) de plonger dans un roman, un essai, un recueil de poèmes, pour ne plus jamais pouvoir nous passer d’en lire d’autres ? Comment le raconter à celles et ceux qui ne comprennent pas cet intérêt/curiosité/appétit/désir/satisfaction/joie de lire ?
Personnellement, j’ai du mal à me rappeler le premier livre qui a(urait) touché mon cœur pour ouvrir ma vie à une seconde vie, infiniment plus vaste et plus riche. Peut-être L’ami retrouvé, de Fred Uhlman… Oui, ce petit roman est une perle. Court, il raconte une amitié ordinaire qui devient sublime parce que l’existence des autres vient cruellement l’anéantir. Mais en fait non, Hans Schwarz et Conrad von Hohenfels resteront amis pour l’éternité. Je crois que c’est un classique et qu’à peu près tout le monde l’a lu. Tant mieux. J’aurais pu trouver un titre plus original, faire le malin, mais c’est précisément ce qui tue le plaisir de lire : l’exclusivité, la sacralisation. Une librairie n’est pas un temple, et je connais peu d’enfants qui entrent dans une librairie comme dans un magasin de jouets (en existe-t-il encore ?) ou dans un magasin de sport. Dommage. La lecture est tout sauf sacrée. Pennac l’exprime tellement mieux que moi dans Comme un roman, livre à lire et relire à voix haute avec ses enfants…
Lire à voix haute avec ses enfants (ou d’autres enfants) : ça aussi, ça enclenche des souvenirs, bénis à défaut d’être sacrés. Parce qu’on rit ensemble, on joue à avoir peur ensemble, on est émus ensemble. On lit et on se lie pour toujours, impossible d’oublier ce qui s’est passé, la lecture devient un moment phénoménal gravé dans le cerveau qui aimerait bien recommencer : l’enfant devient lecteur à son tour. L’envie est là, elle n’attend qu’à être rassasiée.
Et vous ? Quand et comment avez-vous commencé à lire ? Qu’est-ce que la lecture vous a alors apporté que vous ne trouviez pas ailleurs ? Et qu’y trouvez-vous encore aujourd’hui ? Quand avez-vous lu pour la dernière fois avec un enfant ? Quel livre ?
Pour info, Cent Mille Milliards participe à Partir en Livre cette année ! Nous serons le vendredi 17 juillet à la médiathèque de La Sabline à Lussac-les-Châteaux pour parler de Panique dans la ville et Panique à la maison. Panique à la Sabline : tout un programme…
