Il serait peut-être temps de passer aux choses sérieuses. Et si nous nous préoccupions un peu plus de retrouver notre enfance, notre jeunesse ?
Goûtons de nouveau un instant du bout de nos yeux et de notre cerveau aujourd’hui accaparés par les astreintes du quotidien et par les écrans mouvants de nos appareils numériques, à cette vitalité, cet appétit, cette spontanéité, cette curiosité, cette insouciance qui nous ont tant habités et guidés toutes ces vertes années passées sous l’autorité des autres… Savourons encore la merveille de nous étonner de lire des choses invraisemblables, inexistantes quelques secondes auparavant, elles viendront combler cette surprenante soif de découverte qui jaillit sans cesse du fond de notre conscience encore vierge. Plongeons dans ces années pétries de tendresse, de vulnérabilité, de candeur, de timidité, osons interroger quand nous ne comprenons pas ce que nous lisons et laissons-nous porter par l’imagination de ces gens qui osent inventer et dessiner des histoires pareilles. Et sourions et rions d’instinct, sans contrainte, aux situations invraisemblables qui apparaissent alors dans notre esprit.
La jeunesse, comme dirait l’autre, « n’est pas une période de la vie, elle est un état d’esprit, un effet de la volonté, une qualité de l’imagination, une intensité émotive, une victoire du courage sur la timidité, du goût de l’aventure sur l’amour du confort. » Profitons-en, retournons à ces moments de lecture gloutonne et solitaire – et rebelle alors qu’il fait beau dehors ou qu’il est tard dans la nuit. Des instants qui gravent pour la vie le goût de l’indépendance et la satisfaction d’exister pleinement que nous ne cesserons de rechercher plus tard. Cette liberté, nous la retrouverons dans d’autres livres, bien sûr, plus gros, plus longs, plus fous, à mesure que nous grandirons et tant que nous échapperons aux nouveaux modes de divertissement, parfois plus traîtres car plus simples, plus agiles, plus étincelants, plus complaisants… L’enfance s’exprime aussi dans ce réflexe presque archaïque du tout petit qui referme ses mains sur le livre qui lui est présenté, en tourne les pages, le manipule comme s’il l’avait toujours eu avec lui et le considère avec un air de gravité absolue. Un enfant lit un livre même sans savoir lire… Et puis la jeunesse tient dans cette fameuse injonction à la fois intenable et vitale du « Encore ! », comme si l’existence ne satisfaisait jamais assez : lisons, relisons, encore et encore…
Pour toutes ces bonnes raisons, la jeunesse occupait en 2024 la troisième place en termes de valeur dans l’édition française (370,7 M€ de CA pour 76,5 M d’exemplaires vendus, soit 17% des titres publiés). Et si Cent Mille Milliards a longtemps attendu avant d’oser proposer des titres de jeunesse, ce dernier trimestre 2025 marque enfin la sortie de Panique dans la ville. Un petit livre pas cher destiné à tous les enfants – les tout petits comme les très grands, évidemment. Nous pensons en effet que lire reste au fond de chaque être humain un trésor que son enfance lui a transmis envers et contre tout. La baisse de la lecture mesurée actuellement constitue à ce sujet un vrai danger pour l’esprit. Alors que l’époque prétend à la résolution absolue de toute difficulté avec de la technologie ou de l’intelligence artificielle, éblouissante abondance qui nous gave au lieu de nous combler, ce qui distingue l’humain et qui entretient le mieux son cerveau reste pourtant la lecture – avec l’écriture, si possible à la main. La jeunesse de Cent Mille Milliards ne fait que commencer. Plusieurs titres destinés aux enfants ne devraient pas tarder à arriver, notamment Panique à la maison et Panique à l’école. Ça promet…